Au jardin, évitez les plantes exotiques !
Un certain nombre de plantes exotiques, introduites volontairement par l’homme pour des raisons ornementales, se sont tellement bien adaptées aux conditions de nos régions (sol, climat) qu’elles supplantent les essences locales.
Trois espèces de plantes dites invasives sont déjà très répandues en Wallonie, elles ont pour nom : La Berce du Caucase, la Renouée du Japon et la Balsamine de l’Himalaya.
La Berce du Caucase
de par sa propagation (jusqu’à 12.000 graines par plant) et sa taille impressionnante (de 1,5 à 4 mètres) forme des populations denses qui étouffent littéralement les autres espèces. Cette plante se reconnaît par ses tiges épaisses (diamètre basal > 6 cm), ses feuilles pouvant mesurer de 50 cm à 1 mètre et ses fleurs blanches en ombelles (A ne pas confondre avec la berce de chez nous nettement plus petite et ne comptant que 35 rayons à l’ombelle contre 50 pour la Berce du Caucase).
En plus des dommages qu’elle occasionne sur le plan écologique, la Berce du Caucase est une plante toxique : toute personne ayant été en contact avec une des parties de celle-ci, et s’exposant ensuite au soleil, risque de graves brûlures (Centre antipoisons : 070/245.245) !
- Se munir de gants et de vêtements de protection ;
- Couper la plante au niveau de la racine (10 à 15 cm sous le sol) avant la montée en graines et ce, pendant plusieurs années (la plante s’affaiblit et finit par disparaître) à nettoyer les outils mais ne pas les toucher à main nue ;
- Eliminer les déchets par incinération (ne pas composter, ne pas stocker, ne pas transporter sans couvrir les résidus).
La Renouée du Japon
s’est « échappée » des jardins et se propage le long des routes, des voies ferrées, des cours d’eau. Elle colonise progressivement les forêts, terrains vagues, marais et autres biotopes en éliminant les espèces courantes par monopolisation des ressources nutritives et du milieu. Reconnaissable par ses tiges, creuses, robustes et segmentées (a
spect du bambou) ainsi que par ses fleurs blanches réunies en grappe (floraison d’août à octobre), la renouée du Japon forme de vastes massifs denses et impénétrables. Cette plante vivace se propage par de vigoureux rhizomes et son développement est spectaculaire : une plante peut grandir de plusieurs centimètres par jour !
- S’armer de patience ; la renouée du Japon est un adversaire coriace ;
- Procéder à deux arrachages par an (vers la mi-juin et début octobre) en veillant à bien extirper les parties souterraines et ce, jusqu’à disparition complète de la plante. Pour des peuplements plus importants, faucher en dessous du premier nœud mensuellement, de juin aux premières gelées et pendant plusieurs années à nettoyer les outils de tout résidu de terre ;
- Eliminer les déchets par incinération (ne pas composter, ne pas stocker, ne pas transporter sans couvrir les résidus et ne pas déplacer les terres contaminées).
La Balsamine de l’Himalaya
est une plante vigoureuse qui s’impose sur les bords de nos rivières. Formant de vastes massifs, elle hypothèque le développement des espèces indigènes, entrave la circulation le long des berges, déstructure les frayères (lieux où se reproduisent les poissons), retient peu les terres et attire les insectes qui délaissent les plantes locales et n’
en assurent plus la pollinisation. La Balsamine de l’Himalaya ou balsamine géante peut atteindre une hauteur de 2,5 mètres et se caractérise par des fleurs pourpres à blanches (de mi-juin à octobre) ainsi que par des fruits en forme de gouttes d’eau qui, une fois à maturité, s’ouvrent par explosion (environ 800 graines par plant).
Comment l’éradiquer ?
- Agir avant la formation des graines ;
- Arracher l’entièreté de la plante ou faucher en dessous du premier nœud ; répéter ce geste pendant plusieurs années ;
- Rassembler le tout en un tas sur milieu ouvert, le brûler ou le laisser sécher ; enlever la terre des racines pour accélérer le séchage (ne pas composter, ne pas
transporter sans couvrir les résidus et ne pas déplacer les terres contaminées).
Pour la plupart des plantes invasives, il apparaît que la pulvérisation massive d’herbicide, outre le fait qu’elle représente un danger pour l’homme et l’environnement, est loin d’être efficace. Il est donc vivement conseillé de NE PAS planter, distribuer et/ou semer de telles espèces !
Pour de plus amples renseignements à ce sujet : http://environnement.wallonie.be (Info-citoyens – Brochures et publications DGRNE - Publications DGRNE téléchargeables - Guides techniques et documents utiles sur les plantes invasives).
