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La Marche Sainte-Rolende


A Gerpinnes, le Berceau des marches, le lundi de Pentecôte, ils sont plus de trois mille trois cents à honorer sainte Rolende, cette princesse lombarde, fille du Roi Didier, qui, sur le chemin de l’exil et de la foi, mourut d’épuisement vers 774-776 à la ferme de Villé (Villers-Poterie), une dépendance du domaine carolingien de Gerpinnes.

 

Dès sa mort, un premier miracle fut constaté : un aveugle recouvra la vue. Son corps virginal fut ensuite déposé en l’église du centre et fut inhumé dans le cimetière de la première église Saint-Michel de la paroisse. Son tombeau devint célèbre suite aux nombreux miracles éclatants. Les fidèles la proclamèrent « sainte », selon la coutume du temps. En 1103, ce culte digne de foi fut authentifié par Otbert, le prince-évêque de Liège. Il déposa ses reliques dans une châsse romane et ainsi il éleva le corps de la bienheureuse de la terre sur les autels.

 

Depuis ce jour, une procession se développa dans un périmètre déterminé de l’église, semblable au « pomérium » romain, puis aux limites approximatives de la paroisse. Elle se modifia à de nombreuses reprises selon les divers regroupements des doyennés du passé. Ensuite le culte s’amplifia et le tour emprunta son tracé actuel de +/- 30 km à la fin du XVIe s.

 

Suite à un violent incendie, la première châsse est détruite et en 1599, Monseigneur Blasaeus, Evêque de Namur, procéda à la translation des reliques dans la châsse actuelle, un chef-d’œuvre remarquable de l’orfèvre namurois Henri  Libert ; celle-ci est exposée en l’église de Gerpinnes.

 

Le lundi de Pentecôte, dès 3h du matin, la ferveur est au rendez-vous. C’est une fusion extraordinaire mêlant à la fois le sacré et la fête populaire. L’église est bondée de pèlerins pour assister à l’office. 3h45, le rigodon célèbre le passage de la canne du tambour-major de Gerpinnes à celui de Villers-Poterie, honneur aux Villersois qui commandent le départ de la procession pour un périple immuable : Hymiée, Hanzinne, Tarcienne, Bertransart, Les Flaches, Joncret, Acoz, Villers-Poterie, Gougnies, Fromiée, et rentrée solennelle à 18h au départ de la plaine de Sartia vers l’église de Gerpinnes-Centre. Une foule impressionnante assiste à un spectacle édifiant haut en couleur : tambours et fifres, fanfares et harmonies, poudre et fusils, foi et liesse, tradition et rigueur. Une locution wallonne qui remonte à la nuit des temps dit : « Li cén qui n’a jamés vèyu ça, n’a jamés rén vu ! » (Celui qui n’a jamais vu ça, n’a jamais rien vu). Depuis le 05 décembre 2012, le pèlerinage et la marche Sainte-Rolende sont reconnus Chefs-d’œuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité. (UNESCO)

 

 

Un petit mot de la Compagnie de Villers-Poterie sur ses festivités lors du week-end de Pentecôte :

Affiliée à l’Association des Marches de l’Entre-Sambre-Et-Meuse depuis la création de celle-ci, la compagniecompte environ 250 marcheurs répartis en trois pelotons : Sapeurs du 2ème Empire, Grenadiers du 1er Empire et Voltigeurs du 2ème Empire.

Les deux événements de l’année sont :  

  1. La cérémonie du Cassage du verre le dimanche de Pâques par lequel les Officiers s’engagent à assurer les devoirs de leur charge.
  2. La Procession du lundi de Pentecôte.

Au cours de celle-ci, le rôle de la Compagnie de Villers-Poterie est important. Les temps forts en sont la sortie de la châsse le lundi matin à 3h45 et la rentrée de la châsse à Villers à midi, escortée des compagnies de Villers, Gougnies, Fromiée, Biesme, Acoz et Gerpinnes, soit plus de 1500 marcheurs. 

C’est sous les ordres du tambour-major de Villers que s’effectue la sortie de la Procession le lundi matin à 3h45. Et c’est à Villers que la châsse stationne le plus longtemps (deux heures).

Pourquoi ? Parce que d’après les différentes biographies de Sainte Rolende, celle-ci serait morte à Villers-Poterie en 774 mais son corps fut enterré à Gerpinnes, étant donné l’impossibilité de lui donner dans son village une sépulture digne de son rang.

Il existe une pierre encastrée dans le mur de la chapelle de la ferme-château de Villers qui porte l’inscription gothique signifiant :

ICI MOURUT LA BIENHEUREUSE VIERGE ROLENDE

(Hic Obiit Beata Virgo Rolendis)

Le lundi après-midi, la compagnie de Villers participe à la rentrée solennelle de la Procession depuis le Sartia jusqu’à l’église de Gerpinnes. 

De grands moments chargés d’émotion et de tradition attendent ceux qui indéfectiblement restent attachés à leur folklore et/ou à leur croyance en l’indulgente protection de la Sainte.


Un petit mot sur la Compagnie de Gerpinnes-Centre

Le drapeau de la jeunesse actuel, porte symbole de la compagnie, date de 1878. Il est le digne successeur de l’étendard  de 1812 offert à la jeunesse de Gerpinnes par Napoléon. Celui-ci est conservé au Musée des marches, rue de la régence.

Il va s’en dire que la compagnie du centre est l’escorte principale de la châsse Ste-Rolende, exposée en l’église St-Michel. Jadis, certaines compagnies ne pouvaient pas toujours assurer l’accompagnement des reliques durant le passage sur leur territoire, dès lors c’est la compagnie du centre qui se chargeait de la continuité de la Procession. Encore aujourd’hui, lorsque la châsse participe à un événement particulier en dehors de Gerpinnes, c’est sous escorte des Officiers du centre, voire d’un peloton. Ceci est valable pour la sortie de la châsse lors du petit tour et du grand tour, le  deuxième dimanche de mai et du jeudi de l’Ascension.   

Le cassage du verre s’effectue le lundi de Pâques à 18h en la salle des fêtes, place des combattants.

La compagnie se compose de cinq pelotons dits « du 2ème empire » : Sapeurs, Grenadiers, Voltigeurs, Zouaves et Tromblons (ûlôd). Sous l’égide du tambour-major, la batterie est dirigée par le Maître tambour, René Bertulot.

L’harmonie Royale St-Michel rehausse de sa présence les festivités de Pentecôte.       


Dimanche de Pentecôte

15h00 : La prise du drapeau en l’église St-Michel et la présentation de celui-ci à  la compagnie sur le Perron de l’église.

18h00 : Place de la Halle, première décharge en l’honneur de Ste-Rolende remise des décorations.

19h00 : Salves sur la place des combattants.

22h00 : Retraite

 

Lundi de Pentecôte

01h00 : Réveil

03h45 : Passage de la canne St-Rolende du tambour-major de Gerpinnes à celui de Villers-Poterie.
             Une cérémonie traditionnelle qui confère aux gens de Villers, l’insigne honneur de sortir la procession St-Rolende de l’église et de la conduire jusqu'à  la sortie du village au lieu dit de la qwérèle.
             Ensuite, le tambour-major du Centre reprend le commandement et la compagnie accompagne la procession jusque Hymiée.

Pourquoi la compagnie de Villers-Poterie sort-elle la procession ?  

Selon la légende, Ste-Rolende mourut en 774 à la ferme-château de Villé sur  les terres de la Villa de Gerpinnes, domaine carolingien et fut enterrée dans le cimetière de l’église paroissiale. On ne sait dater l’origine de cette cérémonie. D’après les  écrits du folkloriste Camille Quenne, cette cérémonie n’avait pas encore lieu vers la fin du 19ème siècle. On cite la compagnie de Gerpinnes et une garde d’honneur. Jusque la fin du 18ème siècle, une mention particulière nous indique que lors de la sortie de la procession, en tête du cortège figure un groupe de marcheuses qui dès le signal du départ, entonnaient un air de fifres. 

10h30 : place des combattants, rassemblement de la compagnie et départ en batterie vers Villers- Poterie. 

16h30 : Départ vers Sartia et ensuite rentrée solennelle. A l’issue de la rentrée parade des Officiers et des tambours-majors.

 

Mardi de Pentecôte

Le matin du mardi de Pentecôte, neuf compagnies reviennent au Centre et  rendent les honneurs aux autorités. Plus de 1500 marcheurs évoluent encore dans le village. 

09h00 :  Messe miliaire.   

Salves aux  autorités et défilé de la compagnie dans les rues du village.                       

 

Un petit mot de la Compagnie de Gougnies

La compagnie Royale Sainte Rolende de Gougnies est une des plus anciennes de l'Entre-Sambre-et-Meuse.On trouve en effet des traces d'escorte armée de processions à Gougnies dans des documents du XVIIème siècle.

Forts de cette authenticité, les Marcheurs de Gougnies ont le souci de respecter et de faire respecter le déroulement traditionnel de leur procession. Ils marchent en l'honneur de Sainte Rolende et en revendiquent naturellement l'appellation.

La Compagnie se compose de la saperie, de la batterie et du 1er peloton (les grenadiers) en costumes traditionnels et de deux pelotons d'artilleurs et grenadiers en 1er empire.
Depuis plusieurs générations, la saperie fait l'objet d'une attention toute particulière. Elle se veut parfaitement homogène, les tabliers sont tous identiques, galonnés suivant un canevas officiel. Les sapeurs marchent en rangs serrés et présentent ainsi un groupe tout à fait uniforme.
La tradition veut à Gougnies que l'unique couvre-chef soit le bonnet à poils.

Grenadiers et artilleurs, majors et tous les officiers défilent dans cette uniformité traditionnelle à laquelle n'échappent pas les petits garçons qui dès l'âge de trois ans, escortent le drapeau de la jeunesse.
Celui - ci date de 1862. Afin de le préserver, le corps d'office de 1980 a décidé d'en faire confectionner une copie.Cette nouvelle bannière, riche en broderie de fils d'or, a été réalisée au Pakistan par des employés aux ornements d'apparats des éléphants des Maradjah.
L'originale a été placée sous vide dans une vitrine exposée à l'église St Remi.

Les Moments forts

  • Le Cassage du verre : Véritable prestation de serment des officiers, le cassage du verre se déroule, à Gougnies, le lundi de Pâques à 14 heures.
    Bien conscients de leurs responsabilités, et en fonction des critères de priorité d'ancienneté déterminés par un règlement bien précis, les protagonistes de cette cérémonie s'engagent à gérer la Marche locale dans le plus grand respect des traditions.
  • Le jeudi de l'Ascension : Cette petite mais conviviale sortie apporte à la Compagnie les premières vibrations apéritives avant la grande procession de la Pentecôte.
  • Le dimanche de Pentecôte : La première décharge à Ste Rolende, à 15 heures à la chapelle de l'Ermitage, constitue sans aucun doute la première étape émotionnelle du pèlerinage gougnacien.

    La dignité qui empreint ce moment fort se poursuit devant le cimetière où un dépôt de fleurs au son du clairon rend les plus sincères honneurs à nos Marcheurs disparus.
    Le défilé se poursuit dans les rues du village jusqu'à la retraite du soir, moment privilégié pour la batterie et le corps d'office.

  • Le lundi de Pentecôte :
    -
    Le réveil (texte issu du « Marcheur » n° 147 de septembre 1997) :
    Trois heures du matin... Tout ce qu'hier était en mouvement, était vie , s'est enfoui sereinement dans la moiteur de la nuit. L'obscurité tranquille enveloppe le village, efface les maisons avec discrétion pour protéger le sommeil de leurs enfants. Le ciel d'un noir profond scintille de tous ses astres. Il semble nous rassurer sur le temps : nous aurons une belle journée !

    Une nuit comme tant d'autres ? Eh bien non !
    Sur la grand'route, quelques hommes se rassemblent. Les couleurs de leur uniforme se perdent dans le jaune artificiel de l'éclairage public.
    Le silence, empereur de la nuit, est taquiné par le cliquetis des sabres des officiers qui se dirigent vers la maison du tambour - major.
    Dans le lointain, des tirs isolés partiellement étouffés par la respiration profonde de nos campagnes nous rappellent qu'à Gerpinnes, à la Pentecôte, la nuit s'octroie un congé.
    Le quartier du « Tambour », des voix, le craquement de l'allumette qui inaugure la journée du fumeur invétéré, le silence se retire sur la pointe des pieds.
    Tout le monde est prêt ?
    Comme les archets de l'orchestre cherchent sur les cordes le « la » perdu dans le prélude cacophonique du concert, les baguettes donnent aux peaux des tambours les premières vibrations désordonnées de la journée.
    « Tambours, pour le réveil, pied gauche en avant, marche ! .
    Véritable coup du sabre dans la sérénité nocturne, ensemble parfait des premières mesures de notre procession, la marche du réveil éclate dans la rue, roule sur les façades, rebondit sur les pignons, secoue les fenêtres et envahit les chambres où reposent encore dans leurs plis les pantalons blancs du lundi.
    La nuit prend peur...
    Le ciel pâlit progressivement et les teintes pastel de l'aube colore délicatement l'orient.
    Les étoiles s'éteignent et quelques petits nuages roses se faufilent entre les imposantes traînées blanches que laissent sur le ciel les réacteurs des avions de ligne.
    Regarde ! C'est une belle journée qui s'annonce, une fête pleine de cette chaleur de l'amitié qui, au sein de notre folklore rapproche les gens, efface les querelles, comme le tambour du réveil efface la nuit.
    Ecoute ! C'est notre village qui vit, et chaque coup de baguette est le battement du cœur de notre terroir.
    Respire ! C'est l'haleine fraîche de notre campagne qui offre à nos saintes reliques le parfum de la conviction de ses enfants.
    Oui, ce sera un grand jour.
    Oh! bien sûr, il y aura l'ambiance et on boira, certes, quelques verres...
    Et alors ?
    Une procession n'est pas un enterrement, c'est une fête, et la bière de chez nous n'a-t-elle pas la couleur de l'amitié, n'est-elle pas claire comme notre attachement au folklore et fraîche comme son éternelle jeunesse ?
    Et si, ce soir, tous ces regards sont moins vifs et les pas moins sûrs, c'est cependant la satisfaction d'avoir avec dignité honoré la sainte patronne qui inondera les cœurs.
    Voilà, c'est ça la véritable richesse ! .
    C'est notre trésor et nous en sommes fiers.
    - L'entrée de la messe (06h30) : C'est le premier défilé de toute la compagnie en grande tenue, les couleurs des uniformes et le blanc impeccable des pantalons, chatoyant sous les rayons du soleil matinal.
    - La prise du drapeau (09h00) : Une très belle cérémonie se déroule chaque lundi de Pentecôte à 09 heures sur la place de Gougnies : c'est la prise du drapeau.
    Dans un environnement verdoyant, toute la compagnie se déploie au rythme de la Marche au Drapeau et présente les honneurs à la riche bannière remise à son officier par les autorités communales.
    - La rentrée  : A 14 heures, les reliques de Sainte Rolende arrivent à Gougnies. Dignement escortée par la compagnie locale et rehaussée par la présence des compagnies de Biesmes, la rentrée de la procession à Gougnies offre une authentique image riche en couleurs du merveilleux folklore que constituent les vraies marches.

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    Le mardi de Pentecôte : La journée du mardi présente plusieurs facettes.
    La dignité du matin avec la Messe des Marcheurs, la remise des médailles et la décharge à Sainte Rolende.
    La convivialité de l'après-midi avec les multiples réceptions dans les rues du village et la pittoresque visite au château.
    Le folklore du soir avec la « caracole », point final de la journée sous forme de tradition festive.

     

    Texte rédigé par Jean Marcelle
    (Texte publié par «Gerpinnes activ'» en avril 2005)